mardi 8 mars 2011

Chiloe

Voici une semaine que nous avons aterri à Puerto Montt où nous sommes arrivés sans nos bagages qui ont raté le changement d'avion à Sao Paolo. Les valises et la nouvelle grand-voile de Brise de Mai nous ont rejoint rapidement en taxi dans la nuit au port de Castro (réveil à minuit et demi par les gardes côtes pour Jean-baptiste et Anaïs), mais nous attendons toujours les lattes.
Castro se trouve sur la côte Est de l'ile de Chiloé qui est une destination de vacances pour les Chiliens. Les maisons sont en bois peint, certaines sont sur pilotis directement sur la mer. Même les églises sont en bois. Celle de Castro est particulièrement remarquable, car très haute.

Tout au long de cette semaine nous avons aussi le droit:

- à la traversée d'un bras de mer en anexe, sur une idée de Jean-baptiste,
arrivée sur l'île par une pluie battante sous le regard goguenard des habitants, retour façon Fort Boyard sous une avalanche d'eau douce et d'eau salée. Le chauffage à l'arrivée était le bienvenu.

- Un mémorable repas dans un petit restaurant (El Chejo) avec vue sur la mer dans le port de Quemchi, où nous avons terminé la soirée dans la cuisine, où le patron nous a fait goûter toutes ses bouteilles de liqueur. La cuisine servant de repaire aux habitués avec canapé et télé.

- A un superbe mouillage à Puerto Hueihue au fond d'une lagune paradisiaque, vraie réserve naturelle d'oiseaux de toutes sortes, et lieu choisi par Marc, Jean-yves... une poignée d'aventuriers français qui ont posé leur valises ici séduits par l'endroit.

- Nous avons croisé phoques, pingouins, baleines géantes et quantité d'oiseaux de toutes sortes.

- Samedi Brise de Mai a quitté les canaux pour rejoindre le Pacifique et sa légendaire grande houle...(dur dur pour les estomacs fragiles*), cap sur Valvidia où il va subir la réparation de son safran dont il ne reste qu'un quart.

- Cette côte pacifique est sauvage et inaccessible, pas de routes, pas de chemins, que des falaises, des forêts, des montagnes.

- Ce qui est amusant aussi c'est d'avoir rencontré tout au long de cette semaine, plusieurs fois les mêmes bateaux, en particulier le voisin de ponton de la Roche Bernard, port de départ du bateau.
Le monde est petit!

Nous allons laisser maintenant Jean-baptiste et Anaïs partir pour un deuxième grand départ, le Pacifique, après être partis de la Roche Bernard pour l'atlantique et l'Amérique.

Eric Marie et Pierrick (..)

*NB : Oui, parce que Eric a plusieurs estomacs...

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jeudi 24 février 2011

Les îles Chonos et le volcan Puyehue

Peu à peu les paysages s'affaissent et prennent des couleurs : les couleurs du soleil, de la verdure, des maisons colorées et des barques des pêcheurs. Le vent nous pousse entre les îles de l'archipel Chonos, le vent de l'anticyclone du Pacifique. Sur la carte météo, nous voyons encore le train des dépressions passer dans le grand Sud mais ce n'est déjà plus qu'un souvenir. Nous avons une petite pensée pour ceux qui y sont restés.
Nos arrivons au petit village de pêcheurs de Melinka, puis nous traversons vers l'île de Chiloé. C'est là que nous rejoindrons mes parents. L'ancre ne tient pas très bien mais nous croisons une barge qui nous accueille à sa bouée. Nous profitons de notre temps libre pour aller nous dégourdir les jambes dans la région des Grands Lacs, plus au nord. Nous prenons un bus interminable jusqu'à Osorno, que nous surnommons l'omnibus. Le 1er jour, nous escaladons le volcan Puyehue : 1800 mètres de dénivelé positif, 700 mètres négatifs, dès le 1er jour, nous sommes à bout. Heureusement la vue d'en haut est magnifique, nous voyons dépasser les grands volcans qui culminent à presque 4000 mètres d'altitude dans cette partie des Andes. Retour le soir au refuge, le vent souffle pendant la nuit. Le lendemain matin, nous partons explorer la région volcanique des alentours et les sources chaudes. Nous croisons un groupe de jeunes qui vient de faire demi-tour, à cause du vent. Avec Anaïs, nous n'avons pourtant pas l'impression qu'il y a tant de vent. Peut-être que nous avons fini par nous acclimater à la Patagonie.

Le soleil reste à son zénith, ce qui nous permet de profiter d'une petite baignade dans les sources chaudes. Cà brûle ! Il faut mélanger subtilement l'eau bouillante qui sort des profondeurs de la terre, avec l'eau gelée de la rivière, pour obtenir un bain agréable. C'est probablement une question de coup de main ! L'odeur du souffre nous remplit les narines, mais le paysage est vraiment apaisant, avec le ruisseau entouré de son petit cordon de verdure qui traverse le désert volcanique. Nous rentrons le 3ème jour, 1400 mètres de dénivelé négatif, nous arrivons à l'heure sur le bord de la route pour le bus de 14h30, fiers de notre belle performance. Mais c'est la désillusion : le bus n'arrive pas, nous faisons du stop pendant 2h30 avant de nous faire ramasser, nous fulminons ! Heureusement la suite du voyage se passe mieux, nous arrivons à Puerto Montt le soir même. Déjà à Osorno, l'hôtel ne nous avait pas coûté cher, mais alors à Puerto Montt c'était vraiment, vraiment bon marché ! Par contre, nous avons droit seulement à un lit une place pour nous deux, et à de l'eau glaciale pour la douche. Finalement on se dit qu'un peu de confort c'est quand même pas mal.

Nous rentrons à Quellon (encore ce bus interminable) le lendemain. Nous sommes repartis hier en direction de Castro, la "capitale" de Chiloé. La prochaine étape sera la dernière en Patagonie.

Jean-Baptiste

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vendredi 11 février 2011

Le soleil donne

Tortel est un village charmant installé sur une petite montagne tout au bout des canaux. Tout ici est fait en bois. Nous ne marchons pas sur des routes mais sur des passerelles en bois avec des escaliers qui montent et descendent pour desservir les différentes petites maisons colorées.
La seule route qui vient ici est tout en haut des marches. On l'appelle la Carretera australe, et elle n'est rien de plus qu'une route caillouteuse qui nous secoue pendant trois heures jusqu'à la première ville, mais elle suit une vallée magnifique: hautes montagnes boisées traversées par une rivière de couleur blanc/bleu.
Nous déposons maman à Cochrane qui pourra enfin se rapprocher de Santiago pour rentrer en France !
A notre retour, une excellente fenêtre météo s'annonce. Un anticyclone arrive et nous devrions avoir très peu de vent pendant les prochains jours. Une aubaine pour traverser le fameux "Golfo de Peñas" (le golfe des peines). Nous faisons donc rapidement le plein puis cap vers l'ouest !
Nous affrontons peu après les vagues du golfe. Elles se coupent, s'entrecroisent et ne sont pas agréables du tout. Qu'est ce que ça doit être par gros temps ! Nous apercevons au loin des jets de baleines. Les nuages s'accrochent aux montagnes et nous permettent à peine de distinguer le cap Tres Montes: côte hachée avec de nombreux rôchers menaçants.
Nous arrivons au mouillage pour un repos bien mérité. Les arbres ici se tiennent droits et la forêt est plus dense. Au réveil, nous avons ciel bleu et 22°C dans le bateau ! Aurait on changé de pays ?

Voilà maintenant 3 jours que nous avons grand soleil. Pas un nuage, une toute petite brise, nous avons atteint 26°C aujourd'hui. On en rêvait il y a encore une semaine, à présent on se cache à l'ombre parce qu'on a trop chaud ! Les coups de soleil se multiplient et les mouches oubliées depuis longtemps nous accueillent avec joie.

Nous sommes arrivés à Puerto Aguirre, petit village de pêche sur un îlot au milieu des canaux. Nous sommes amarrés au petit port de pêche et de nombreuses "bêtes curieuses" viennent voir le Brise de Mai. Ce ne sont plus les phoques mais des humains.

A bientôt pour notre retour à la civilisation

Anaïs

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samedi 5 février 2011

Province Magallenes - Province Aisen

Dimanche 23 janvier.
Punta Arenas - Puerto Natales - Puerto Conselo.
4 heures de bus, flamants roses, nandus, lamas et la pampa à perte de vue.
Un taxi et nous retrouvons Brise de mai à Puerto Conselo.
De suite, la postion de brise de mai alerte Anaïs, Jean-Baptiste rassure: le bateau est là!
Effectivement, un gros coup de vent a fait rippé l'ancre.

Lundi 24 janvier.
Direction sud: via le golfe Amirante pour rejoindre l'estrecho Collingwoole.
Rapidement, nous sommes contraints au 1/2 tour, bassin démonté.
Nous jetons l'ancre face à l'armada de Puerto Natales à proximité d'une saumonnerie.
Les filles profitent de cette pose pour remettre en état le taud de la grand voile;

Mardi 25 janvier.
La météo s'annonce clémente.
On appareille. Aie ! L'ancre est bloquée.
On tire, on tourne, redonne de la chaîne... sans résultat.
Après 45 minutes de manoeuvre, la chaîne remonte, l'ancre aussi, mais tordue!
Ensuite, navigation très agréable, Vent très froid. 2 couches de chlorofibre (Damart) suffisent à peine.
Les dauphins viennent jouer et souffler autour de Brise de mai.
Dessert au menu du diner, il y a un anniversaire sur le bateau.
Bonne météo annoncée pour le lendemain

Mercredi 26 janvier.
Départ à 5:30.
A mesure que le jour se lève, on admire cette superbe chaîne de montagne. "La cordillière des Andes"
Le bassin est très calme , on ne se lasse pas du superbe ballet de dauphins.
Nous avons croisé des phoques en position de repos et/ou de contorsion. Surprenant!!
Pingouins Magellans, albatros, on ne se lasse pas!
Nous posons l'ancre à Puerto Bueno.

Jeudi 28 janvier.
Départ matinal, une mauvaise météo s'annonce pour le lendemain. 80 miles. Canal Conception-Canal Wide.
Un groupe de lions de mer sur la côte: fabuleux!!
Et surtout se mettre à l'abri pour parer au mauvais temps qui s'annonce.

Vendredi 29 janvier.
Bien niché dans son enclave, Brise de mai attend une météo plus clémente.
Prospection des alentours, végétation dense et tourbe gorgée d'eau.
Bien sûr, avec l'annexe, nous croisons les lions de mer, curieux et inquiets.

Samedi 30 Janvier.
Impossible d'avoir une connection météo.
Jean-Baptiste, confiant. Nous repartons. Super. 27 miles parcourus
Passage du 50ième. Brise de mai quitte les "Hurlantes" pour les "Rugissantes".
Une parade de dauphins jusqu'au mouillage.Merveilleux!
Une petite randonnée pour garder les pieds sur terre.

Dimanche 31 Janvier.
Nous remontons le Seno Eyre, pour rejoindre le glacier PIO XI.
Glacier de 3,5 km de large sur une hauteur de 50 métres.
Un rayon de soleil au rendez-vous, les détonnations de la glace qui craque, un spectacle à la hauteur de l'Antartique (Anaïs). Fabuleux!
Ensuite mouillage dans une baie magnifique, Calleta Sally.

Lundi 01 Février.
Juste au départ, un colibri autour de Brise de mai.
Puerto Eden:L'armada nous annonce que le ferry attendu pour demain soir, suite à de grosses avaries sur la coque n'a pas quitté Puerto Natales.

Mardi 02 Février.
Confirmation pour les carabiniers, le ferry est à quai pour au minimum une semaine.
L'électricité et le télephone ne sont mis en service qu'à partir de 19:00. Pas de connection internet.
Il faut absolument trouver une solution pour que je rejoigne le plus rapidement possible une liaison aérienne. Objectif: Caleta Tortel, de là, une liaison route pour Cochrane et Coyhaique.

Mercredi 03 Février.
Départ avant le lever du jour.
Journée difficile, la météo et les courants ne sont pas avec nous.

Jeudi 04 Février.
Arrivée à Caleta Tortel sous le soleil.
Confirmation d'un bus pour Cochrane, la chape de stress tombe...


Béatrice

jeudi 20 janvier 2011

Le dedale des canaux de Patagonie

Nous passons le canal Cockburn avec un rayon de soleil inattendu, et nous voyons s'évanouir derrière nous les dernières images de la Terre de Feu. Dans ce dedale de canaux, nous choisissons la route la plus courte pour rejoindre le détroit de Magellan : et pourtant ce n est pas la ligne droite ! Une carte de la Patagonie "normale" ne montre qu une petite fraction de toutes les îles existantes. En realite les îles et les embranchements se succedent les uns apres les autres et le ciel toujours changeant envoie des grains qui bouchent parfois totalement la vue. Nous avons donc en permanence l oeil fixe devant l etrave du bateau, cherchant constamment le paquet d algues qui trahirait un recif. Nous avancons autant que possible pendant notre courte fenêtre météo, ne nous arrêtant que quelques heures pour dormir le long du canal. Le lendemain nous atteignons le fameux détroit de Magellan, et entre deux grains nous sommes parfois éblouis par quelques rayons de soleil, qui nous dévoilent les montagnes magnifiques qui nous surplombent.

Devant nous un corridor majestueux mene tout droit au Pacifique, apres une ligne droite de plus de 150 kilometres. Ici les dépressions des "50eme Hurlants" viennent les unes après les autres s'écraser contre la cordillère des Andes. En d autres termes, plus on s'approche du Pacifique, plus la pluie est continuelle, et plus le vent est fort. Nous devons patienter encore un jour à notre mouillage, et le lendemain nous avons de la chance : l'oeil d'une dépression passe au dessus de nous ! C'est donc pendant ce calme precaire que nous quittons les eaux houleuses et menacantes du Magellan pour nous refugier dans les eaux plus abritées du Canal Smyth. Nous trouvons un bon abri dans la Caleta Teokita, dont l'entrée est un bras de mer qui se rétrécit à une dizaine de mètres de large ! A l'intérieur, le plan d'eau est d'un calme absolu, et nous pouvons souffler, heureux d avoir pu passer tous ces endroits mal fames sans encombres.

Mais déjà nous sommes impatients d'arriver à Puerto Natales : pour atteindre cette ville, il nous faut passer par un incroyable enchevetrement de canaux qui nous fait traverser toute la cordillère des Andes. Pour nous c'est un choc : tout d'un coup les montagnes disparaissent, et nous nous retrouvons face à un paysage plat qui nous rappelle la pampa de l Argentine.

C'est donc un peu désorientés et après 15 jours de solitude absolue, que nous retrouvons la ville. Pendant cette étape, nous avons constaté une avarie de safran, et il nous faut contacter un chantier naval à Valdivia pour réparer avant la traversée du Pacifique. Nous ravitaillons avant de repartir d'ici quelques jours avec la maman d'Anaïs.

D autre part, nous avons enfin pu telecharger toutes les photos de l Antarctique :
http://www.flickr.com/photos/brisedemai/sets/72157625729395677/

Et bien sur nos photos de Patagonie :
http://www.flickr.com/photos/brisedemai/sets/72157625737707983/


Jean-Baptiste

jeudi 13 janvier 2011

Derniers milles en Terre de Feu

Voilà une semaine que nous parcourons les canaux du Chili. La navigation ici n'est pas vraiment pour les voileux. C'est au moteur que nous avançons pour 90% du temps; le vent et les courants s'engouffrent dans les canaux et nous repoussent.
Nous nous précipitons donc entre chaque coup de vent pour avancer le plus possible tout en s'arrêtant aux mouillages incontournables de la région.
Notre première étape est Caleta Ferrari où se trouve une estancia (ferme) mais malheureusement personne n'y est. Une ballade sur les chemins marqués par les chevaux nous ferons découvrir des paysages magnifiques, un bras de mer qui continue au milieu des prairies et bosquets.
Ensuite, nous continuons vers le Brazo Noroeste, canal qui donne accès à plusieurs glaciers de la Terre de Feu. Nous entrons d'abord dans le "Seno Pia" qui nous fait découvrir ses quatre magnifiques glaciers donnant sur la mer au milieu d'une eau turquoise.
Le lendemain, nous faisons le "Seno Garibaldi" au bout duquel se trouve un énorme glacier qui rejette beaucoup de glaces. Naviguer entre les glaces a comme un rappel d'Antarctique!
Chaque arrêt suivant sera dicté par le vent: on continue plus loin s'il ne se lève pas encore, on s'arrête s'il se lève plus tôt que prévu. Les dépressions néanmoins nous bloquent régulièrement.
Hier, à raison d'un lever très matinal (4h) pour profiter d'une accalmie, nous parvenons enfin au dernier mouillage en Terre de Feu: Caleta Brecknock. Ce mouillage est tout au bout d'un bras de mer surplombé d'immenses montagnes de granit. Une ballade nous fera découvrir lacs et cascades au milieu d'une végétation de mousses et rares arbustes dans un calme absolu. Nous nous sentons seuls au monde dans ce lieu magnifique.

A nouveau nous attendons qu'une depression passe pour continuer notre route.
Prochaine étape: Detroit de Magellan

Anaïs

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jeudi 6 janvier 2011

En route pour les tropiques !

Le 25 décembre, nous repartons pour la Terre de Feu. Le passage de Drake ne l'entend pas de cette oreille, et nous envoie des vents contraires pendant toute la traversée. C'est donc fatigués et au moteur que nous arrivons en vue du Cap Horn. Cette fois-ci nous passons juste devant le fameux Cap. Comme d'habitude, le vent forcit à son approche, mais cela ne nous empêche pas de trouver un refuge juste derrière, à Caleta Martial. Nous sommes bien contents d'être arrivés ! D'autant plus qu'une tempête est prévue pour le lendemain. Elle arrive, soufflant en rafales violentes, et nous rappelle la tempête que nous avions eu à l'aller. Nous n'avons plus assez de gasoil pour rentrer en sécurité jusqu'à Puerto Williams : heureusement un capitaine d'un autre bateau nous avait dit qu'il passerait le Nouvel An au Cap Horn. Nous réussissons à le contacter pour qu'il nous dépanne de 2 bidons. Nous passons le réveillon au même mouillage, mais impossible d'aller voir nos voisins à cause du vent. Nous tentons de gonfler l'annexe, mais elle ne tarde pas à se retourner à cause des violentes rafales. Tant pis, on se reverra à Puerto Williams. Nous établissons une stratégie pour récuperer les bidons de gasoil, et finalement tout se passe bien. Le 1er janvier, notre compagnon de mouillage part pour Puerto Williams. Nous sommes un peu sceptiques car le vent souffle toujours très fort, avec des rafales à 100km/h au mouillage ! Nous le suivons quand même, et finalement, dès que nous nous éloignons un peu plus du Cap Horn, le vent se calme et nous pouvons faire route à la voile. Un mauvais coin, ce Cap ! Le 1er janvier au soir, nous revenons à notre point de départ, Puerto Williams.

Puerto Williams, c'est le yacht club le plus austral du monde : les bateaux vont et viennent sans arrêt, et à chaque mouvement, tout le monde sort sur le pont pour accueillir les nouveaux, ou souhaiter bon voyage à ceux qui partent affronter les éléments. Tout le monde connait tout le monde, et on suit les mouvements des autres bateaux sur la VHF (la radio). On ressent vraiment que chaque voyage est une aventure dans ce coin-là, et on apprécie vraiment la solidarité de cette petite communauté de navigateurs. Nous nous préparons pour partir, Henri va nous quitter ici, nous continuons tous les deux.

Pour nous c'est la fin d'une étape, l'Antarctique ; c'est aussi la fin d'une étape plus grande, car nous remontons maintenant plein nord vers les tropiques !

Jean-Baptiste

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